Chez Lilounette

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Mes citations

J’ai plus de souvenirs
que si j’avais mille ans.
  Charles Baudelaire


Les illusions tombent l’une après l’autre,
 comme les écorces d’un fruit,
et le fruit c’est l’expérience .
Sa saveur est amère
Gérard de Nerval


Il est permis de rêver.

Il est recommandé de rêver.

Sur les livres et les souvenirs.

Sur l’histoire et sur la vie

 Louis Aragon


La vérité comme la lumière aveugle.

Le mensonge, au contraire est un beau crépuscule

qui met chaque objet en valeur.

Albert Camus

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Jeudi 11 décembre 2008
- Par Lilounette - Communauté : Ecriture Ludique

 Ecriture ludique-communauté de blogs : exercice n°39

Il s'agit d'écrire un texte dont le début  est imposé, en utilisant également au minimum 10 mots parmi les 15 d'une liste.
Début :
Il / Elle reposa le téléphone...Les larmes emplirent ses yeux...Il n'y avait plus d'espoir.

Mots imposés :
soleil, main, regard, feuille, rideau, océan, demain, oublier, rancoeur, soulagement, impasse, bonheur, lancinant, pourquoi, poing.


C'était le vingt et unième jour

Elle reposa le téléphone, les larmes emplirent ses yeux…il n’y avait plus d’espoir.

 

Hélène me prit la main pour me réconforter. Je restai impassible aussi surprenant que cela soit.

C’était dans ma nature de  ne rien dire, les yeux secs, mais l’estomac noué.

 

Mère, il était insupportable de la voir alitée, sous perfusion, sortie de son coma sans qu’elle ne nous reconnaisse.

La veille elle nous avait dit en entrant dans sa chambre :

« Mais comment êtes-vous venus, il y a de l’eau  partout, regardez autour de mon lit ».Le bruit de la porte avait dû détourner son regard que déjà il nous fuyait.

Le mot ‘eau’, m’avait curieusement obsédée toute la soirée.

Pour moi il était significatif de naissance, c’était un symbole de vie, mais la sienne, on la lui prenait..

Le médecin avait été formel :-« quelques jours, une vingtaine au plus, c’est tout ce qui lui reste à vivre, on ne peut plus rien pour elle ».

Nous avions compté les jours et c’était hier le vingtième.

-« voudrais-tu des fraises, elles commencent à être parfumées »

Sa voix s’était faite rieuse, non seulement elle confirmait par  un signe de la tête, mais doublement par un « oui » généreux.

On s’était regardé. Enfin elle acceptait de manger…un espoir, c’était un espoir. Des jours et des jours qu’elle n’avait avalé la moindre miette !

Quel bonheur  dans ses yeux quand on le lui dit que demain, on lui porterait ces fraises.

Et puis d’une brève lucidité, pourquoi brutalement une chute :

-« demain, vous ne pourrez pas venir, il y a l’eau, l’eau qui monte encore et encore ! »

On avait beau la rassurer, elle ne voyait autour d’elle que de l’eau, de l’eau, de l’eau.

On savait en quittant sa chambre ce soir-là, que son anévrisme laisserait des traces insurmontables, et pour chacun d’entre nous, c’était un choc.

Dehors, le soleil haut perché jouait à cache-cache avec les feuilles verdoyantes des arbres, qui festoyaient la nouvelle saison, mais nos visages restaient tristes.

On ne pouvait faire l’impasse sur son handicap, sans oublier l’inconscience dans laquelle elle avait sombrée, nous étions des étrangers et ses paroles incohérentes qui nous surprenaient, laissaient en nous, déjà un souvenir lancinant.

Le téléphone venait de sonner, maman venait de nous quitter.



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